Élevage de coques : le projet se poursuit sur la côte fleurie du Calvados

Publié le 4 mai 2020 | Cultures marines, Nos travaux |

Le 20 février dernier s’est tenu le second COmité de PILotage du projet d’expérimentation de l’élevage de coques à Auberville , commune littorale du Calvados. Les premières conclusions mettent en évidence une bonne croissance des coques, de fortes conditions hydrodynamiques sur la zone d’étude pouvant être à l’origine de leur déplacement important et l’absence de prédation par les oiseaux présents.



Zootechnie et productivité

Depuis le début de cette étude, une interrogation demeure quant à la faisabilité de réensemencer les semis de naissain de coques sur ce site expérimental et d’en pérenniser l’exploitation. Très rapidement dès l’automne 2018, les résultats du premier semis ont apporté une réponse, notamment sur la zootechnie de semis à employer. En effet, ce premier semis, effectué « à sec » à marée basse, n’a pas permis une implantation durable des petites coques dans les sédiments. C’est pourquoi, dès le printemps suivant, le délégataire a réalisé un semis « en pleine eau » induisant un meilleur enfouissement des coques sur la zone sableuse.

Le suivi de productivité réalisé par le SMEL à partir de ce semis printanier a montré une bonne croissance des coques puisque la taille moyenne de la cohorte atteint la taille commerciale (27 mm) en 5,5 mois.

Croissance des coques en 2019
Croissance des coques en 2019

Cependant, un déplacement important des coques a pu être constaté, celles-ci dérivant vers l’Est et le Nord en raison des coups de vents et des courants importants sur la période considérée.

La récolte a donc été partielle et difficile à mener, d’une part en raison des conditions météorologiques de l’hiver 2019-2020 et d’autre part du fait de ces déplacements qui ont fait migrer les coques hors concession et notamment au large sur un secteur inaccessible.

Malgré cela, les niveaux sédimentaires, s’ils ont subi quelques variations, restent dans le cadre des prescriptions inhérentes au projet, à savoir une hauteur minimale de sable de 30 cm en dessous de laquelle une mécanisation de la récolte n’est pas autorisée. Sur l’année d’observations, cette hauteur des sédiments sableux n’est jamais passée sous ce seuil au niveau de la concession ou de ses alentours proches.

Evolution de l’écosystème

Les résultats du suivi bio-sédimentaire réalisé par le GEMEL-Normandie ont permis de parfaitement caractériser les habitats concernés par la zone expérimentale avant l’exploitation de la zone et au cours de ce premier cycle d’élevage. Hormis des variations d’abondances spécifiques qui peuvent être attribuées aux variations saisonnières de recrutement de certaines espèces, l’activité d’élevage n’a pour l’heure eu aucune conséquence sur les peuplements benthiques.

Notons qu’en raison du déplacement évoqué précédemment, des coques en élevage, le plan d’échantillonnage pour ce type de suivi va évoluer, de manière à bien cerner l’ensemble de l’écosystème concerné par l’activité d’élevage.

Enfin, les observations ornithologiques réalisées par le GONm, n’ont jamais montré de prédation des coques par les principales espèces d’oiseaux fréquentant la zone d’étude.

L’expérimentation se poursuit.

Cette première année de suivi a permis de mieux connaître les dynamiques de la zone d’élevage expérimentale. Force est de constater que la zone soumise à de fortes pressions hydrodynamiques nécessite d’approfondir les observations et adapter les suivis. Si un premier cycle d’élevage issu d’un semis printanier a été acquis, qu’en sera-t-il avec un semis automnal ? Quelle durée d’élevage, quel rendement ? La continuité de l’expérimentation doit apporter des réponses à toutes ces questions

Il reste également à obtenir les résultats du suivi sanitaire réalisé dans le cadre d’une étude de zone (réglementée) par l’IFREMER. Les premiers résultats seront dévoilés en septembre 2020.

De plus, un état des lieux sur les usages de ces secteurs côtiers doit être également mené.

Prévu pour une durée de 4 ans, ce projet se poursuit donc afin d’obtenir tous les éléments nécessaires à la prise de décisions concernant la création de ce nouveau type d’activité conchylicole dans le Calvados sous les falaises des Vaches noires à Auberville.

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