SPIDER : retour sur le second comité de pilotage.

Le 26 novembre 2025 s’est tenu le second COPIL du projet SPIDER, à la Maison de la Baie au Vivier-sur-Mer.

Pour rappel, le projet a deux grands objectifs qui consistent (1) à étudier l’écologie et la biologie de l’araignée de mer dans le golfe normano-breton et (2) à comprendre et améliorer les effets des opérations d’effarouchement dans les zones mytilicoles. Le programme est mené par un consortium de 8 partenaires : CRCBN (porteur, chef de file), CRCNHDF, CRPMEM Bretagne, CRPMEM Normandie, CDPMEM 35, CDPMEM 22, SMEL et Ifremer pour une durée de 34 mois. Le projet d’un montant total prévisionnel 1,4 M€ bénéficie de 80 % d’aides publiques (FEAMPA, TA2.1.4.).

Etat des lieux de la pêcherie d’araignées : évolution des captures

Les différentes flottilles qui ciblent l’araignées ont été présentées (fileyeurs, caseyeurs). Malgré une légère baisse de l’abondance en 2024, la dynamique des stocks tend vers une augmentation.

Captures au casier par zones de pêche CIEM et par quartier maritime. Source : Ifremer.

L’objectif est d’établir un modèle d’indice d’abondance intégrant les données de capture pour mieux comprendre la dynamique de stocks et mettre en place des mesures adaptées. En début d’année 2026, deux questionnaires d’enquêtes Sciences Humaines et Sciences Sociales à destination des pêcheurs et des mytiliculteurs seront proposés. L’objectif est de collecter de l’information empirique et d’apporter une meilleure compréhension des mouvements passés et actuels.

Compréhension du cycle de reproduction

Le but est de comprendre le processus de reproduction et le cycle de vie de l’araignée de mer. Les mesures réalisées en 2025 permettent de confirmer la présence de femelles grainées de janvier à septembre. Il semblerait que la fenêtre temporelle de reproduction soit plus grande que ce qu’il avait été démontré dans les précédents travaux de 1991. En septembre 2025, 3 femelles grainées (2 avec des œufs orange et une avec des œufs brun) ont été placées en vivier au SMEL pour suivre l’évolution des œufs et le développement des larves. Après une semaine de stabulation, les éclosions se sont déclenchées progressivement. Les larves ont été stabulées pendant plus ou moins une semaine mais aucune n’a survécu du fait d’un manque de nourriture adaptée. Ce suivi a néanmoins permis de montrer un lien entre la couleur des œufs et le stade de développement des embryons. En effet, la femelle dont les œufs étaient oranges à son arrivée sont progressivement devenus bruns jusqu’à l’éclosion, un mois après. Les observations des œufs à la loupe binoculaire permettent de valider cette hypothèse. Lors de la prochaine saison de ponte, ce test sera renouvelé avec un suivi des œufs à la loupe binoculaire plus régulier afin de créer une chronologie complète de l’évolution des œufs, tant d’aspect extérieur qu’intérieur.

Crédit photo : SMEL.

Compréhension de la migration

L’objectif est d’identifier si les schémas de migration établis dans les années 1990 restent valides ou si de nouveaux comportements sont apparus, notamment des zones d’hivernage, plus proches de la côte.

3 592 araignées ont été marquées depuis le début du projet sur la totalité du Golfe Normano-Breton (GNB) durant l’été, le printemps et l’hiver. 297 animaux ont été recapturés. Certaines routes semblent se confirmer et le taux de recapture avoisinant les 10 % est satisfaisant. Pour retracer plus finement les trajectoires, 60 marques archives seront commandées et seront posées en avril 2026. Ces marques permettront de suivre la bathymétrie, la température et l’accéléromètrie dont l’analyse sera couplée au cycle de marée. Les modèles de reconstruction de trajectoire sont prêts à être utilisés et permettront de donner des résultats rapides après récupération des marques.

Comportement alimentaire

L’objectif est de comprendre le comportement alimentaire des araignées et sa dépendance vis-à-vis d’espèces commerciales.

La « moussette » a un régime alimentaire riche en algues. Qu’en est-il des autres stades ? Quelle est la proportion de chaque aliment ? L’araignée de mer a-t-elle une prédation opportuniste sur les œufs de bulot par exemple ?

Afin d’obtenir les résultats les plus qualitatifs possibles, le protocole d’échantillonnage sera discuté au cours de l’hiver afin de mieux cibler les captures d’araignées. Il est indispensable de choisir au mieux les zones, les périodes et les engins de capture. Une nouvelle série de prélèvements et d’analyses est prévue en mars 2026. Ces résultats permettront d’évaluer l’impact de la consommation de moules sur l’état physiologique de l’araignée et ses effets éventuels sur sa reproduction. Pour cette question spécifique, une approche plus centrée sur l’analyse physiologique des araignées va être envisagée.

Comprendre la dynamique spatiale et temporelle

L’intérêt est de comprendre le rôle des zones conchylicoles au cours de la saison. Ce premier déploiement dans la baie de l’Arguenon a permis de calibrer au mieux le réseau acoustique pour son élargissement en 2026 vers différentes baies bretonnes et normandes (meilleure prise en compte de la distance fonctionnelle des appareils). Il a été mis en place un réseau de 35 récepteurs (2 km² de capacité d’écoute et 20 araignées ont été équipées d’émetteurs). Ce test a permis de mieux cibler les araignées à marquer et d’estimer la méthode d’installation et de retrait du réseau. Ce dispositif permettra de mieux comprendre le comportement de l’araignée, d’identifier où et quand elle prédate, à quelle hauteur, ainsi que de déterminer si la prédation porte sur du naissain ou sur des moules commercialisables.

FINANCEMENT :

PARTENARIAT :