Syndicat Mixte pour l'équipement du Littoral

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50560 BLAINVILLE-SUR-MER

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Conseil Général de la Manche Communauté Européenne

Smel Info N°5

EDITORIAL


Le littoral de la Manche a contribué à faire notre histoire et notre richesse grâce à l'abondance qui le caractérise. Ce n’est qu'une ligne mince autour de notre Département, mais qui concentre une richesse d’activités exceptionnelles avec une beauté inégalée et un équilibre fragile pour cet interface terre-mer.

Nulle part peut-être les enjeux liés à une portion si délimitée du territoire n'ont été aussi divers et prioritaires. Pour que le littoral soit un exemple d'écodéveloppement, il est nécessaire de concilier activités économiques et équilibres biologiques, et de maintenir la diversité des sites et des paysages.

Une telle perspective implique la coordination de nombreux acteurs. Le S.M.E.L. veut s’inscrire dans cette politique concertée du littoral au travers notamment :

des conventions Etat-Région auxquelles il participe avec la SRC, le CRPM et l'IFREMER ,
de sa contribution à la charte départementale de l'environnement du Conseil Général qui va aboutir dans les prochains mois,
de sa connaissance de l'environnement marin et des activités liées aux ressources marines du Département.

La pêche et les cultures marines constituent en effet des activités déterminantes en raison de leur importance économique, de leur enracinement territorial et de leur développement tout au long de nos côtes et tout au long de l'année. Il convient non seulement de maintenir, mais aussi de développer ce secteur économique qui contribue pleinement à la gestion des zones littorales.

Le S.M.E.L. partage cet objectif de développement durable et est heureux de consacrer ce numéro à la présentation des résultats acquis en ce domaine !




EPURATION D'EAU SALEE


La pérennité des activités économiques, basées sur les ressources marines vivantes, est indissociable de la qualité du milieu.



La prise en compte de la sauvegarde des potentialités naturelles recouvre schématiquement deux objectifs :
D'une part, surveiller le milieu pour détecter et comprendre un problème survenant dans la production, et attirer l'attention sur un éventuel dérèglement.
D'autre part, s'assurer que les activités économiques, en place ou à venir, ne contribuent pas à la dégradation du milieu naturel.

Le réseau "HYDRONOR" mis en place par le S.M.E.L. et déjà évoqué dans les pages des précédents S.M.E.L.info, vise à améliorer les connaissances sur l'interaction entre les coquillages élevés et leur milieu. Cette finalité contribue donc parfaitement à la réalisation du premier objectif.

La qualité de l'eau de mer utilisée dans les entreprises traitant des produits de la mer est toujours un facteur déterminant pour l'activité. Les effluents ne doivent pas mettre en péril le milieu naturel. La réalisation de la station d'épuration des effluents salés de la zone d'activités maritimes de BREVILLE-SUR-MER, par la Chambre de Commerce et d'Industrie de GRANVILLE - SAINT-LÔ, avec l’aide du S.M.E.L., en est la concrète illustration.

Épuration d’eau salée : une expérience originale



Notre comportement a évolué ces dernières années vers une consommation « plus rapide ». Les produits de la mer ont dû s’adapter à cette tendance et la transformation des produits s’impose de plus en plus. Le développement de ce secteur a trouvé place dans les "zones d'activités maritimes" qui se sont créées ces dernières années tout au long de notre littoral. Elles ont permis de regrouper les professionnels autour de structures collectives adaptées à leurs besoins et, notamment, autour des pompages d'eau de mer.
L'augmentation des tonnages transformés et le souci de préserver l'environnement marin ont conduit, à l'instar des autres industries agro-alimentaires, à trouver des solutions pour maîtriser les rejets. Par exemple, pour contribuer à la pérennisation des actions de pêche et conserver localement une certaine plus-value aux produits, la coopérative GRANVILMER prépare seiches et coquillages.

Le S.M.E.L. info n°2 présentait l'étude réalisée par le S.M.E.L. pour épurer les effluents salés et la confirmation des résultats obtenus grâce au pilote installé par OTV-Industrie et le S.M.E.L.. Il n'aura fallu que quelques mois à la CCI de Granville Saint-Lô pour finaliser un dossier de construction d'une station visant à traiter les eaux marines dégradées par les activités regroupées sur la zone "LOGIMER" de BREVILLE-SUR-MER. Le challenge ne résidait pas seulement dans la conception technique mais également dans la difficulté à intégrer cette réalisation dans un paysage dunaire particulièrement sensible.

Prévue pour 8 000 équivalents habitants, la station pourra traiter en moyenne 300 m3/jour. Ce dimensionnement est suffisant pour les besoins recensés, mais la station sera suffisamment évolutive pour accueillir les projets sur les terrains encore disponibles.

Sous la maîtrise d'œuvre de SCE-Ingénierie, VIVENDI WATERS STI et l'entreprise ZANELLO ont débuté le chantier le 8 janvier dernier (Cf. photo). C'est à la mi-juillet que doivent être effectués les premiers tests de fonctionnement pour une mise en service en août 2001. Le financement est assuré à hauteur équivalente par le Département, la Région, l'Agence de l'eau, l'Europe et la CCI


Filtration d’eau de mer au centre expérimental du S.M.E.L.


Filtration d’eau de mer au centre expérimental du S.M.E.L.

De nombreuses activités dépendent de l'utilisation d'eau de mer dans des installations à terre. De la balnéothérapie à la fabrication de produits alimentaires en passant par les écloseries, la conchyliculture ou le mareyage, les besoins de traitement ne sont pas identiques, les moyens mis en œuvre non plus.


Selon l'activité, la qualité requise de cette eau de mer et les normes régissant son utilisation varient. Il nous a semblé opportun de faire le point sur ces différentes utilisations : répertorier les exigences intrinsèques et réglementaires pour chaque activité, ainsi que les solutions adoptées et, enfin, dresser le tableau comparatif des différentes options techniques aujourd'hui applicables.

Cette étude a également permis de choisir le système de traitement de l'eau de mer pour les nouvelles installations du centre expérimental du S.M.E.L. de Blainville-sur-Mer :

- l'eau alimentant le centre est filtrée à 1 micron (1 µm), afin d'éviter les dépôts dans les canalisations,
- les rejets d'eau de mer du S.M.E.L. sont filtrés à 0,00001 mm (soit 0,01µm ) (Cf.photo), pour prévenir toute contamination consécutive à l'accueil d'espèces non-indigènes.
Ce choix permet de réunir la simplicité d'emploi, la maîtrise des coûts et la fiabilité d'une barrière physique avant rejet. Le système intallé (Cf.schéma) présente une préfiltration à 200 µm, puis deux fois quatre filtres constitués de gaines de céramiques. Sans rétro-lavages automatisés, 20 m3 peuvent être traités quotidiennement. Les boues résultantes sont neutralisées par le chlore avant évacuation.
Un rapport sera prochainement disponible au SMEL.


LE POINT SUR LES MORTALITES D'ORMEAUX :


Depuis 1997, date à laquelle le phénomène a été constaté en Bretagne-Sud, des mortalités exceptionnelles d'ormeaux (Haliotis tuberculata) ont été déplorées : en 1998 la Bretagne-Nord était touchée, l'été suivant, le sud du département de la Manche (Archipel des îles Chausey) ainsi que certaines îles Anglo-Normandes voyaient également leurs gisements naturels décimés.

Dès 1998, une cellule de crise a été constituée. Elle regroupe l’IFREMER, le SMEL, la société HALIOSUB qui exploite officiellement en plongée les stocks du Nord-Cotentin ainsi que le service des pêches de Jersey.
Les premières investigations ont permis d'avancer une hypothèse mettant en cause une épidémie due à un agent infectieux comme cela avait été constaté sur les côtes californiennes.

Les efforts pour mettre en évidence la présence d'un agent pathogène se sont, dans un premier temps, heurtés aux difficultés inhérentes aux investigations dans le milieu naturel. Cependant, des animaux stabulés dans des structures du SMEL ont, à leur tour, été victimes de mortalités. Ceci a permis à l'équipe du SMEL de fournir très rapidement aux pathologistes d'IFREMER des échantillons où la probabilité de déceler la présence d'un agent infectieux était beaucoup plus importante.

Les analyses réalisées ainsi que les expérimentations de confirmations menées au SMEL ont abouti à la mise en cause formelle d'une bactérie : Vibrio carchariae.

Les travaux réalisés en 2000 ont permis de démontrer que les mortalités du milieu naturel avaient la même origine infectieuse. Une veille pathologique est programmée pour 2001 de même que la recherche de la présence de l'agent pathogène au niveau des sédiments.

INFORMATION EN BREF :

Le réseau REMONOR s'enrichit de deux nouvelles stations sur la côte Est : La Coulège et Lestre, portant ainsi à 5 le nombre de points de suivi de ce secteur.

COUP DE CHAPEAU :

Dans le cadre de l'opération " Ces inconnus qui font le France" organisée par I télévision et Pélerin Magazine, le Jury a désigné pour toute la Normandie Béatrice Harmel, secrétaire générale du Comité Régional des Pêches.
Après la remise du Mérite maritime, il y a quelques mois, le SMEL est heureux de voir Béatrice Harmel ainsi honorée et lui présente ses félicitations amicales.


VALORISATION DES PRODUITS DE LA MER


SERVIR LA QUALITE

La promotion basée sur une exigence de qualité des produits de la mer permet de rentabiliser la filière en évitant d'accroître la pression exercée sur le milieu naturel.

En effet, à l'heure où la majorité des stocks naturels est menacée, il n'est plus envisageable d'augmenter les volumes prélevés pour rentabiliser la filière des produits de la mer. Sa pérennité peut, en revanche, passer par une optimisation de la commercialisation, indissociable d'une assurance de qualité.

Depuis la technique de production jusqu'au palais du gourmet, tout doit être mis en œuvre pour conserver au produit les qualités acquises dans son environnement naturel et sa traçabilité.
Les techniques de pêche, d'élevage, de stockage tant en mer qu'à terre, les moyens et la rapidité de la distribution, les dispositifs de conservation, … chaque maillon de la filière est concerné par cet objectif et doit en intégrer les contraintes.

Enfin, le savoir-faire mobilisé par les professionnels pour conserver au mollusque, crustacé ou poisson toutes ses qualités mérite d'être connu. Une information objective doit permettre de consacrer les efforts de toute une profession.

La mission du S.M.E.L. est d'accompagner les professionnels, de participer au financement d'actions et de mobiliser ses moyens techniques pour réaliser des expérimentations.


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