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Conseil Général de la Manche Communauté Européenne

Smel Info N°2

EDITORIAL


L'équipe du SMEL est heureuse de vous présenter le second numéro de " SMEL info ".
L'objectif de cette publication est de vous faire connaître les actions du SMEL et de présenter l'essentiel d'une information dont les éléments techniques et détaillés sont bien entendu disponibles au centre de Blainville-sur-Mer.
Le problème posé par l'épuration de l'eau salée a permis au SMEL d'apporter sa contribution à la mise au point d'une réponse technique innovante susceptible de trouver une application concrète.
J'adresse mes remerciements à tous ceux qui ont apporté leur compétence et leur travail dans cette affaire.


Docteur Jean-Marie REMOUE


L'ESTRAN EN MINIATURE


Une maquette pour promouvoir les activités marines de notre département :

Présentée pour la première fois à Cherbourg à l'occasion du TROPHEE DES MARINS au mois de mai, cette maquette qui représente très fidèlement les activités conchylicoles sur l'estran suscite la curiosité des jeunes et des anciens sur les stands où elle est exposée.




L'Epuration de l'eau de mer pour protéger l'environnement marin


La transformation des produits de la mer permet de développer des nouvelles activités mais entraîne parfois des rejets en mer. Sur nos côtes, ceci est particulièrement vrai pour la valorisation des seiches, bulots et autres coquillages. Le développement de ces activités, économiquement nécessaire au monde de la pêche, a conduit l'Agence de l'Eau Seine Normandie (AESN) à confier au SMEL la réalisation d'une étude sur la faisabilité de l'épuration des effluents salés. Les travaux réalisés au centre expérimental de Blainville sur le maintien de la qualité de l'eau d'élevage en circuit fermé, ont été un préalable précieux pour aborder cette problématique.

Les travaux, cofinancés par moitié par le SMEL et l'Agence de l'Eau, ont commencé en 1995 par une recherche bibliographique.
Peu de données, sur une approche industrielle, se sont avérées accessibles, la principale lacune résidant dans la méconnaissance des agents responsables de l'épuration naturelle.
L'étape suivante a permis de caractériser les effluents. Trois types de rejets industriels ont été étudiés : L'eau de lavage de seiches, l'eau de décorticage de coquillages et l'eau de cuisson des bulots. Pour exemple l'effluent de traitement de 35 tonnes de pétoncles (effluent le moins concentré des trois) par jour représente un apport pour une station d'épuration de 10 000 habitants. La salinité de l'effluent de la cuisson des bulots atteint 2 à 3 fois la salinité de l'eau de mer (jusqu'à 90‰).

L'EPURATION DE L'EAU DE MER POUR PROTEGER L'ENVIRONNEMENT MARIN :

FLOCULATION ET FLOTTATION :
Les tests d'épuration basés sur les procédés physiques
Deux techniques ont été testées :

La floculation dont le but est de provoquer une décantation et la flottation qui élimine la matière organique sous forme d'écume.
La première permet de décolorer l'effluent (seiches) et d'éliminer de la matière organique particulaire (mais pas dissoute). Elle s'avère cependant onéreuse (50 F/m3 pour le fonctionnement seul).

La seconde élimine moins parfaitement la coloration de l'effluent mais peut être utilisée en pré-traitement car elle permet de diminuer de 30% le volume de floculant.

BIOSPHERES OU BOUES ACTIVEES :

L'épuration biologique Les traitements biologiques utilisent des bactéries pour dégrader la matière organique en ammoniaque dans un premier temps (ammonification) puis en nitrates (nitrification).
Deux pilotes successifs (cf. photo 1) ont été nécessaires pour tester un premier procédé basé sur l'utilisation de bactéries fixées sur des biosphères (cf. photo 2) renfermant des fibres de polyamide.

Ce procédé permet l'élimination de la matière organique et la clarification de l'effluent. Il supporte mal les variations de fonctionnement et doit être complété par une décantation puis un traitement UV.

Deux installations ont également été testées sur un procédé (cf. schéma et photo 3) mettant en œuvre des bactéries libres (boues activées) couplées avec l'utilisation de membranes de filtration (cf. photo 4) pour séparer les boues de l'eau à traiter. La seconde se composait de trois réacteurs permettant de tester trois flux différents simultanément.


Les essais ont permis d'épurer correctement les effluents. Une légère odeur et une teinte jaunâtre peuvent être éliminées par un traitement au charbon actif. L'eau traitée, grâce à l'action de la membrane est quasiment exempte de bactéries.

Le rendement est légèrement optimisé par le mélange de certains effluents. Le point technique délicat réside dans la régulation de la teneur en oxygène.

Ce procédé entraîne la formation de quantités importantes de boues salées pouvant être traitées par compactage et incinération.


Schéma de principe du pilote à bactéries libres

membrane : Réseau de membranes de filtration procédé Biosep

Pilote : Pilote d'épuration à bactéries libres et membranes

Station d'épuration envisagée sur la zone d'activités maritimes " LOGIMER " En conclusion, si l'épuration physique ne permet pas une bonne épuration d'un effluent salé, en revanche, l'épuration biologique est possible. Le principe des boues activées avec séparation membranaire fonctionne mieux en cas de régime fluctuant et le rejet, grâce à la micro membrane est exempt de bactéries.

Ces travaux ont abouti à l'implantation d'un pilote pour épurer l'eau de lavage de seiche de " Granvil'Mer ". Les résultats sont conformes aux essais et permettent à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Granville Saint-Lô d'envisager la réalisation d'une station d'épuration pour traiter les effluents résultant du travail des produits de la mer dans la Zone d'Activités Maritimes " Logimer " de Bréville-sur-Mer.

La Réglementation :

La loi sur l'eau du 3 janvier 1992 rend obligatoire l'épuration des effluents trop chargés en matière organique. Ceci est classiquement réalisé en eau douce. Cependant, on ne peut envoyer un effluent salé vers une station d'épuration sans risquer de détruire la flore et la faune indispensable à son fonctionnement.

Pilote1 : Pilote aérobie de 200 litres
Procédé "Biosphère" Traitement d'un effluent d'atelier de mareyage


Le REMONOR : Un plus pour le suivi des bassins de production conchylicole. RÉseau MOllusques NORmandie


Depuis déjà plusieurs années, l'IFREMER a mis en place un réseau national de suivi des bassins de production conchylicole. Celui-ci, dénommé REMORA (RÉseau des MOllusques du département Ressources Aquacoles), permet de comparer les différents bassins de production en s'affranchissant des variations locales de pratiques d'élevage. Il prétend donc donner une estimation du potentiel de chaque site mais pas forcément une idée fidèle des productions dans chaque bassin.

Pour obtenir une meilleure vision de la production ostréicole locale, le S.M.E.L., avec l'IFREMER et en accord avec la profession conchylicole, a mis en place un réseau régional : REMONOR. Un protocole d'accord a donc été signé pour cumuler les résultats des stations des deux organismes en utilisant une méthodologie rigoureusement identique.

Toutes les huîtres testées ont les mêmes caractéristiques : origine, âge et calibre. Elles sont mises en élevage en même temps.

L'année 1998, considérée comme une période rodage du réseau, a permis la mise au point technique du dispositif ainsi que la validation des technologies développées.

Deux classes d'âges ont été étudiées : les " adultes " issus du captage de 96 et les " juvéniles " fixés durant l'été 97.

 
Ces lots ont été pesés et dénombrés. Sur un échantillonnage, différentes mesures individuelles ont été réalisées : longueur, largeur, épaisseur, poids individuels, poids de coquille, poids de chair égoutté, poids de chair sec, maturité, poids des salissures, polydora, chambre à gélatine.

Ces données ont permis de calculer plusieurs valeurs : taux de mortalité, gain de poids, taux de croissance, coefficient multiplicateur (survie x poids), coefficients de longueur, largeur et épaisseur, indice de chair, taux de matière sèche de chair, indice de polydora …

Le suivi 98 a permis de constater que les taux de mortalité (hormis le problème de la Baie des Veys étudié plus particulièrement par l'IFREMER) ont été faibles. Les indices de croissance et de qualité sont tout à fait corrects et relativement constants par rapport à l'année précédente. Un rapport annuel est disponible au SMEL de Blainville-sur-Mer et à l'IFREMER de Port-en-Bessin








ACTUALITE


La qualité des produits représente un enjeu incontournable pour la profession.La nouvelle association Normandie Fraîcheur Mer, avec la coquille Saint-Jacques,
le fait savoir.




Avec l'aide d'une agence de marketing, la Section Régionalede la Conchyliculture à adopté un nouveau logo pour ses huîtres.










Le "SYCOCRUS" à GRANVILLE.


Une convention cadre lie le Comité Régional des pêches (maîtrise d'ouvrage), le S.M.E.L. (partenaire technique) et Manche Expansion (analyse économique). Cet accord de collaboration a permis de répondre rapidement à la demande de l'Organisation de Producteurs de Basse-Normandie (OPBN) pour comparer la conservation traditionnelle des coquilles Saint-Jacques à sec en ambiance fraîche avec le nouveau matériel "SYCOCRUS" permettant de réaliser un brouillard humide à froid.
Entre le 31 mars et le 10 avril deux essais ont pu être réalisés au sein de la halle à marée de Granville.
Résultat prometteur : Après 48 heures 5 % de mortalité dans le prototype contre 95 % à sec.
De nouveaux tests devraient être réalisés à la réouverture de la campagne et pourquoi pas à bord d'un bateau...

  
Un rapport complet est disponible à Blainville.

Dernières informations sur les mortalités d'ormeaux : La cellule de crise mise en place suite aux mortalités d'ormeaux constatées en 1997 en Bretagne sud puis en Bretagne nord l'année dernière, a observé le même phénomène sur les populations naturelles de Chausey et Jersey cet été (l'exploitation professionnelle du nord Cotentin n'est pas encore touchée).
Simultanément, des mortalités sont apparues dans des structures d'élevage du centre d'expérimentation de Blainville. L'hypothèse d'une pathologie est actuellement étudiée. La disponibilité immédiate d'animaux d'élevage permet d'aborder plus facilement ce type d'investigation.
Affaire à suivre…


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