Le suivi des macroalgues subtidales dans le cadre de la DCE

Publié le 25 novembre 2019 | Mer & Littoral, Nos travaux |

La Directive Cadre sur l’Eau ou DCE est une directive européenne permettant de statuer sur l’état écologique des masses d’eaux, qu’elles soient continentales, côtières ou de transition. Cette directive est déclinée par pays en différentes actions devant permettre l’évaluation du bon état d’une masse d’eau et son évolution. Concernant le littoral normand, plusieurs critères d’ordres biologique et chimique sont retenus et suivis dans le cadre de cette directive. Parmi ces critères, les algues dites subtidales, poussant au-delà du zéro des cartes, sont répertoriées sur 6 points de la côte afin d’en apprécier la densité et la répartition dans la zone des 3 kilomètres.



La Directive Cadre sur l’Eau sur le littoral normand.

La Directive Cadre sur l’Eau ou DCE (2000/60/CE) est une directive européenne visant à prévenir et réduire la pollution de l’eau, promouvoir son utilisation durable, protéger l’environnement et améliorer l’état des milieux aquatiques, que ce soit de l’eau douce, saumâtre ou salée. Chaque pays de l’Union Européenne se doit d’atteindre les objectifs et donc de mettre en œuvre les moyens nécessaires dans chacun des domaines. Concernant le suivi du littoral normand, l’Agence de l’Eau Seine Normandie est l’institut qui pilote les nombreuses actions mises en place dans le cadre de cette directive.

Pour ce faire, le littoral normand est découpé en 19 zones côtières et 8 zones dites de transition (correspondant à des zones estuariennes). Ces zones, appelées masses d’eaux, représentent une unité géographique cohérente par rapport à un type de zone côtière (côte rocheuse, sableuse, vaseuse…). Au sein de ces masses d’eaux, plusieurs[SP1]  paramètres sont suivis et sont de deux ordres, soit chimiques (polluants…) soit biologiques (faune, flore, microplancton…). Les paramètres suivis sont représentatifs de la masse d’eau concernée et sont, le plus souvent, rattachés à des réseaux de surveillance existants comme le REPHY (réseau Phytoplancton) ou le RHLN (Réseau Hydrologique du Littoral Normand, dans lequel le SMEL est impliqué). Le suivi de ces paramètres permet de noter la qualité des eaux en fonction de ces critères allant de mauvais jusqu’à très bon par un code couleur.

Le Suivi des macroalgues en subtidal

Parmi les paramètres biologiques suivis, les algues présentes dans la zone subtidale (au-delà du zéro des cartes) sont suivies sur 6 masses d’eau : au large de Saint-Pair-sur-Mer et entre Saint-Vaast-la-Hougue et Barfleur pour la Manche, au large de Grandcamp-Maisy, de Meuvaines, de Bernières-sur-Mer et de Luc-sur-Mer[SP2]  pour le Calvados. Ces sites sont choisis en raison d’une forte intensité d’échouages d’algues sur les plages de ces communes, permettant ainsi d’apporter un regard supplémentaire sur l’état d’eutrophisation des eaux côtières. Sur le terrain, la Cellule de Suivi du Littoral Normand (CSLN), le bureau d’études CREOCEAN et le SMEL ont travaillé ensemble pour récolter les données selon un protocole validé par le CEVA (Centre d’Etudes et de Valorisation des Algues). Entre 2015 et 2017, l’ensemble des 6 sites était visité une fois. Sur chaque site et durant une semaine, une vingtaine de « transects » de 300 mètres étaient effectuée en plongée sous-marine. Sur ces 300 mètres, une équipe de 2 plongeurs parcourait l’intégralité du transect afin d’y relever les densités en algues, notamment en algues vertes. Ces observations et certains prélèvements devaient permettre d’apprécier la densité observée dans les 3 kilomètres allant du zéro des cartes marines vers le large. L’ensemble des résultats est ensuite traité par le CSLN puis compilé par le CEVA.

Quelques résultats

Ces suivis ont pour but d’estimer la répartition et la densité des algues au large de certains points de la côte normande. En prenant l’exemple de Grandcamp-Maisy, commune fortement impactée par les échouages d’algues en été, on s’aperçoit assez rapidement que la biomasse algale est située à proximité de la zone intertidale, soit dans des hauteurs d’eau relativement faibles. Dans ce cas de figure, cela peut s’expliquer par un accès à la lumière plus important et par un substrat favorable (présence de cailloux et rochers).

A l’heure actuelle, l’ensemble des résultats n’est pas encore traité mais il fera l’objet d’une évaluation permettant de qualifier le bon état écologique de ces masses d’eaux, au même titre que les autres indicateurs d’ici à 2020.

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