REseau MOULe NORmandie : Une productivité mytilicole 2017-2018 en baisse !

Publié le 22 janvier 2019 | Cultures marines, Nos travaux, Ressources documentaires |
Mis en place à partir de 2002, le réseau REMOULNOR a pour vocation d’apporter des informations sur la productivité mytilicole dans la Manche. Le suivi du cycle 2017-2018 est caractérisé par une productivité brute et nette en recul de 17 à 18%, un déficit de croissance mais des taux de remplissage des moules commercialisables contrastés en fonction des secteurs. Enfin, les mortalités saisonnières sont globalement à la hausse mais là encore avec des variations en fonction des sites.


Suivi de la production de moules dans les conditions d’élevage appelé productivité sur pieu

Dans un contexte de très fort déficit en précipitations du milieu du printemps à la fin de l’été, la production mytilicole normande 2018 présente des variations par rapport à celle du cycle précédent.

Les rendements bruts et nets sont en baisse, respectivement de 17 % et 18 % à l’échelle de la région. Cependant, des distinctions apparaissent en fonction des secteurs concernés.

Ainsi, le secteur de Chausey présente globalement des rendements bruts et nets au minimum similaires voire supérieurs à la saison précédente, plaçant la productivité 2018 parmi les plus élevées de la série historique sur une période consécutive allant de 2014 à 2018.

Sur la côte Ouest Cotentin, les secteurs de Bricqueville, Hauteville et Agon, présentent des rendements bruts globalement en baisse (exception faite de Bricqueville légèrement en hausse) mais les rendements nets sont systématiquement en forte baisse. Notons que pour Agon, une décroissance régulière des rendements est observée depuis 2014, année particulièrement productive à l’échelle de la série historique. Le secteur de Pirou présente quant à lui des rendements stables par rapport à la saison dernière, avec en particulier une légère hausse de la productivité nette. Par contre, les productivités de ces 2 à 3 années sont déficitaires par rapport aux moyennes interannuelles.

Pour le secteur d’Utah, sur la côte Est Cotentin, les rendements sont très fortement en baisse ce qui rompt la tendance de ces 3 dernières années particulièrement productives. Pour cette dernière station, l’évaluation a été réalisée sur une autre concession que celle de la série historique mais appartenant au même secteur. Ceci a probablement impacté les résultats.

Concernant les tailles et poids des moules commercialisables, un déficit de croissance est notable sur le secteur de Chausey avec des longueurs et des poids moyens globalement en baisse par rapport au cycle précédent mais ces valeurs restent autour des moyennes interannuelles. Ce constat est beaucoup plus marqué pour les secteurs côtiers de l’Ouest, exception faite de Pirou secteur pour lequel une hausse de longueur des moules est observée mais associée à une baisse de poids moyen. Ainsi, la tendance est globalement caractérisée par un déficit de croissance qui se creuse sur les dernières années. Quant au secteur d’Utah, la taille moyenne des moules commercialisables est en baisse mais le poids moyen reste similaire à celui de la saison dernière. Ces valeurs restent somme toute supérieures aux moyennes interannuelles indiquant des excédents de croissance à l’échelle de la série historique.

Enfin, les taux de remplissage finaux des moules du secteur de Chausey présentent des taux parmi les plus importants de la série historique. Par contre les moules des secteurs de Bricqueville, Hauteville et Utah sont parmi les plus faibles de la série historique. Celles du secteur d’Agon et de Pirou sont proches des moyennes interannuelles.

Suivi scientifique de la croissance et de la mortalité appelé Productivité standard : suivi saisonnier

Une des particularités de ce cycle 2017-2018 repose en premier lieu sur les caractéristiques du naissain, de taille et de poids particulièrement importants en début d’élevage. De ce point de vue, les tailles et poids moyens obtenus en fin de cycle sont globalement en hausse sur toutes les stations ce qui permet de visualiser une tendance croissante sur les trois derniers cycles de suivi (de 2015 à 2017), exception faite de la station de la Roquette.

Cependant, comparées aux moyennes interannuelles de chacune des stations, les dynamiques de croissance présentent des caractéristiques différentes en fonction des saisons. Ainsi, d’une manière générale, les croissances linéaire et pondérale ont été déficitaires au cours de l’automne pour toutes les stations. Ensuite, au cours de l’hiver les gains observés sont excédentaires pour la majeure partie des stations (Roquette, Huguenans, Bricqueville, Pirou) ou conformes à la normale à Agon. Seules les stations de Hauteville et Utah présentent un déficit hivernal. Au printemps, toutes les stations présentent des gains de croissance déficitaires. Enfin, les moules des sites de Chausey (Roquettes et Huguenans) ainsi que la station d’Utah, présentent un excédent de croissance estivale alors que celles des stations de Bricqueville, Hauteville, Agon et Pirou présentent en général un déficit important de croissance.

Malgré des poids secs de chair supérieurs aux moyennes interannuelles des stations en automne et en hiver, un déficit de taux de remplissage des moules de tous les sites est observable (respectivement -7 % et -14 %). Ce défaut de remplissage devient particulièrement important à partir du printemps avec des baisses de –24 % en moyenne. Enfin, en période estivale, ce déficit se creuse encore fortement avec des baisses de l’ordre de -35 %.

En comparaison des faibles mortalités observées lors du cycle précédent (2016-2017), les taux de mortalité saisonniers 2017-2018 sont en hausse par rapport aux moyennes interannuelles des stations avec en moyenne +18 % en automne, +12 % en hiver, +10 % au printemps et +33 % en été. Ces moyennes cachent des variations inter-sites importantes. En effet, sur les deux stations de Chausey, les hausses de mortalité se situent en automne et particulièrement en été. Sur le site de Bricqueville, la mortalité est globalement normale sur l’ensemble du cycle. A Hauteville, la mortalité est en forte baisse en automne, légèrement supérieure en hiver et printemps et baisse de nouveau en été. A Agon, elle est globalement en baisse voire normale en hiver. A Pirou, la mortalité est en hausse sur toute la durée du cycle. Quant à Utah, elle est normale en automne puis en forte hausse en hiver, et dans une moindre mesure au printemps et baisse de nouveau en été.

 Infestation par le ver Mytilicola intestinalis

Le taux d’infestation moyen régional 2018 est en hausse par rapport au cycle précédent, avec une valeur se rapprochant de celles de 2011 et 2016. Le niveau de risque régional est classé comme assez faible.

Les taux d’infestation mesurés à l’automne 2018, représentent des risques :

  • « Nul » pour la station Les Huguenans (en forte baisse/2017),
  • « Faibles » pour les stations de la Roquette (en hausse/2017), de Pirou (en baisse/2017) et Utah (en baisse/2017),
  • « Assez faibles » pour les stations de Bricqueville (en forte hausse/2017), Hauteville (en forte hausse/2017) et Agon (en hausse/2017).

D’une manière générale, les sites d’élevage de Chausey présentent des niveaux d’infestation plus faibles qu’à la côte. Sur la Côte Ouest Cotentin, les sites de Hauteville et Bricqueville présentent toujours les niveaux d’infestation les plus forts.

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Suivis de la production mytilicole Bas normande. Résultats du cycle 2017 – 2018

Jean-Louis BLIN, Suzy MOAL, Stéphanie PETINAY
SMEL, Zac de Blainville, 50560 Blainville-sur-mer, France

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