De faibles densités d’ormeaux dans le nord Cotentin

Publié le 20 novembre 2018 | Mer & Littoral, Nos travaux, Pêche |
L’exploitation professionnelle des ormeaux en plongée existe sur le nord Cotentin depuis 1993. Selon les années, la production a été comprise entre 21 et 25 t et réalisée par trois sociétés de pêche. En 2004, des mortalités sont observées et imputables à la bactérie Vibrio harveyi qui avait déjà touché la Bretagne sud, Bretagne Nord et le golfe Normand-Breton à partir de 1997. Les mortalités dans le Cotentin ont été observées ensuite de façon plus ou moins régulière en fin d’été lorsque la température de l’eau était supérieure à 17°C. La production s’étant progressivement effritée pour atteindre quelques centaines de kilogrammes en 2015, aucun professionnel n’exploite aujourd’hui cette espèce.  De fait, nous ne disposons plus d’observations de terrain permettant d’avoir une évaluation des stocks et des mortalités. Des plongées scientifiques ont été réalisées par l’équipe du SMEL, et les observations des pêcheurs à pied sont collectées.


Des mortalités déclarées sur la côte Ouest du Cotentin

Le mercredi 11 septembre 2018 (coef 110), un pêcheur amateur à pied a observé une trentaine de coquilles d’ormeaux fraiches (contre 3 animaux vivants observés) sur le site d’Agon Coutainville. Les coquilles mesuraient de 6 à 10 cm environ. Sur une des coquilles, des morceaux de chair indiquaient une mortalité très récente. Ces observations ont fait l’objet d’une déclaration auprès de la DDTM (Direction Départementale des Territoires de la Mer) qui a déclaré une alerte REPAMO (REseau de surveillance des Pathologies des Mollusques). Toutefois, aucun prélèvement n’a été réalisé afin d’étudier les causes de ces mortalités.

Aucune mortalité dans  le Nord Cotentin

Trois plongées d’observation ont été réalisées dans le Nord Cotentin au mois d’octobre 2018 (Fermanville, Bretteville-en-Saire et Omonville-la-Rogue). Sur chaque site, un transect de 100 m est positionné à l’aide d’un GPS. Les observations sont réalisées en plongée à 1 m de part et d’autre de la corde. Aucune mortalité récente n’a été observée sur chacun des sites.

Diminutions importantes des densités d’ormeaux dans le nord du département

Sur chacun des transects, les ormeaux ont été comptés et mesurés. Les résultats sont comparés avec les données moyennes des observations réalisées précédemment dans les mêmes conditions entre 2004 et 2008. Ainsi, sur l’ensemble des trois sites, une diminution du nombre d’ormeaux observés est constatée. Ainsi, sur Bretteville-en-Saire, seulement 12 ormeaux ont été observés contre 50 en moyenne auparavant (2005-2008). Le même constat est fait à Fermanville avec 12 observés contre 25 en moyenne (2005-2008) ainsi qu’à Omonville-la-Rogue avec 7 observés contre également 25 en moyenne (2006-2008).  Cette diminution relativement importante des stocks est peut être due à des mortalités constatées en 2011, notamment à Fermanville où de nombreuses coquilles d’ormeaux vides avaient été signalées par les pêcheurs professionnels (Déclaration REPAMO).

Nombre d’ormeaux observés sur 200 m² sur 3 sites de la Manche (@SMEL)

Côté taille, aucun ormeau supérieur à 110 mm n’a été observé alors qu’aucune pêche n’est pratiquée sur ces secteurs depuis plusieurs années. Sur le site d’Omonville-la-Rogue, aucun ormeau inférieur à 50 mm n’est observé. Sur le site de Bretteville-en-Saire, les ormeaux de 50 à 90 mm dominent et le nombre d’ormeaux de 90 à 110 est plus faible que précédemment.

Fréquence des ormeaux en fonction de la classe de taille (mm) sur 3 sites de la Manche (@SMEL)

Globalement, si il ne semble pas y avoir eu de mortalités d’ormeaux récentes dans le nord du département de la Manche, les quelques observations réalisées semblent indiquer des stocks d’ormeaux au plus bas avec très peu d’animaux de grandes tailles mais également une absence de jeunes ormeaux.

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