Le SMEL au service du territoire normand.

Publié le 27 septembre 2018 | Cultures marines, Mer & Littoral, Nos travaux, Pêche |
Souhaitant rester en cohérence avec les filières de production aquatiques normandes, le SMEL refonde sa stratégie en s’appuyant sur une réflexion initiée en 2014 et amplifiée ce printemps 2018. A terme, une nouvelle organisation du syndicat devrait en optimiser les investissements et les coûts de fonctionnement.


 Une ligne politique claire dans un contexte en évolution permanente

Au cours des trente dernières années, le centre technique du SMEL a accompagné les filières de production que sont la pêche côtière et la conchyliculture normandes.

Cependant, ses missions ont fortement évolué. D’un centre dédié à la mise au point d’élevages marins en circuit semi-fermé, il a progressivement abordé des questions plus globales telles que le suivi des productions, l’assistance aux zootechnies mises en place, l’adaptation des systèmes de production à l’évolution des marchés et de la société…  Ces actions répondent aux orientations politiques définies par son Comité syndical, composé principalement du Conseil Départemental de la Manche, de chambres consulaires et d’une trentaine de communes littorales.

Le plan d’action appliqué par le centre expérimental du SMEL couvre les années 2014 à 2020. Les 2/3 de cette période sont achevés et de nombreux évènements extérieurs au syndicat, nécessitent de se pencher de nouveau sur le positionnement du SMEL.

La ligne de base de l’action du SMEL se résume à la phrase suivante : Etre au service de la valorisation économique sur le territoire normand par un soutien aux productions des produits de la mer.

Cette ligne politique ne devrait pas changer et constituera le point de vue de l’analyse qui va suivre.

Un contexte régional normand précisé

Le contexte économique normand est principalement porté par le Conseil Régional, accompagné des Conseils Départementaux littoraux (Manche, Calvados, Seine Maritime).

Une politique portée par le Conseil Régional a vu le jour en 2017 et se structure autour de quatre objectifs :

  • Renouveler la flottille normande, favoriser l’installation des jeunes, sécuriser les navires,
  • Faire de la Normandie une référence européenne de qualité en matière d’aquaculture en favorisant l’innovation dans les entreprises et en améliorant les infrastructures et équipements liés à la pêche et à la commercialisation des produits de la mer,
  • Favoriser l’émergence de produits normands de la pêche et de l’aquaculture notamment en fédérant les acteurs locaux de l’innovation et en mettant en place des filières tracées,
  • Promouvoir la Normandie, notamment via la marque Normandie qui fait partie du grand projet « Normandie Attractive »

RÉGION NORMANDIE.

Une région bien placée en termes de productions aquatiques.

Le Conseil Régional précise d’autre part que la Normandie est bien placée en ce qui concerne la production aquatique et produit quelques chiffres clefs :

  • 1ère région conchylicole (1ère région productrice d’huîtres, 2ème région productrice de moules et production de palourdes et de coques)
  • 2ème région de pêche maritime (628 bateaux, 1/5ème des captures de pêche françaises, 61 000 tonnes de produits débarqués),
  • 1ère région pour les coquillages de pêche (15 000 tonnes de coquilles St Jacques, 8 000 tonnes de bulots, 4 100 tonnes de moules de pêche,…)
  • 1ère région de production de saumon d’élevage
  • Région française la plus diversifiée en aquaculture,
  • Plus de 24 000 emplois directs et indirects
Une analyse stratégique méthodique

Un recueil d’informations basé sur une bibliographie et sur l’écoute des partenaires.

L’analyse stratégique a été conduite dans le cadre d’un stage de fin d’étude de six mois réalisé par G. EUDE (Enjeux d’un centre technique pour la pêche et les cultures marines en Normandie – ISARA Lyon 2018). Cette analyse s’est appuyée dans un premier temps sur une recherche bibliographique via une analyse PESTEL (politique, économique, sociologie, technologie, écologique et législative).

Prolongeant cette analyse, l’étudiante conduisait une cinquantaine d’entretiens semi-directifs et confidentiels qui ont permis de recueillir les avis de tous les groupes socio-professionnels concernés par le SMEL.

Enfin, les informations et avis collectés ont été analysés et synthétisés.

Permettre aux actions du SMEL de rester en adéquation avec un contexte socio-économique en évolution

Les informations, avis collectés et analyses effectuées par l’étudiante vont servir à l’élaboration de propositions portant sur le positionnement, l’organisation et le fonctionnement du SMEL. Ces travaux seront engagés à l’automne 2018.

L’exercice est difficile puisque le SMEL devra être en adéquation avec un contexte régional dont on ne peut que subodorer ce qu’il sera dans 2,  5 ou 10 ans.

Des changements structurels importants sont attendus par les acteurs normands

Afin de cadrer quelque peu la réflexion, arrêtons-nous un instant sur les facteurs prévalant au développement d’une entreprise.

Le contexte dans lequel évoluent les entreprises se compose pour l’essentiel des ressources propres du territoire où elles sont implantées (géographie, démographie, sociologie, culture, politique territoriale,…)  et des facteurs supra-territoriaux comme la finance, l’environnement, le réglementaire, le climat,… Sans prétendre à l’exhaustivité, le graphique ci-après résume le contexte d’une entreprise favorisant ou non son développement :

Les animateurs du territoire que sont les structures politiques (Collectivités territoriales, Etat, Union européenne) ont cinq leviers principaux pour favoriser le développement économique d’une région : le juridique, le financier, le scientifique, la formation et l’aménagement du territoire.

Actuellement, le SMEL joue un rôle au sein du levier scientifique des politiques d’actions publiques conduites par le Conseil Départemental de la Manche, le Conseil Régional de Normandie, certaines agences de l’Etat,…

Précisons les missions actuelles du SMEL

Aujourd’hui, les missions du SMEL sont nombreuses et tendent à se diversifier un peu plus chaque année. Elles peuvent être résumées dans le graphique ci-après.

Les principales missions, encadrées de rouge sur le graphique portent sur l’accompagnement des pratiques, l’appui et le suivi de la gestion de la ressource et enfin l’aide à la diversification des productions.

Les enquêtes menées par Gladys EUDE auprès d’une cinquantaine d’acteurs normands font ressortir quatre points d’évolution possibles ou souhaitables, susceptibles d’avoir une incidence sur la structure du SMEL :

  • La valorisation et la gestion des produits normands. Souhait fortement marqué de mieux valoriser les produits de la mer et mieux gérer la qualité, tant en pêche qu’en conchyliculture. Souhait également de mieux gérer les conflits d’usage et les impacts sur l’environnement.
  • La création du CENOPAC. Le Centre Régional Normand de la Pêche, de l’Aquaculture et des Cultures marines doit être mis en route à l’automne prochain. Créé à l’initiative du Conseil Régional, il sera en charge du pilotage de l’innovation au sein de la région Normandie. Le CENOPAC aura donc un rôle structurant par rapport aux travaux de Recherche et Développement conduits par le SMEL.
  • Le positionnement de l’IFREMER. Depuis quelque temps déjà, l’institut se désengage des réseaux d’observation et des partenariats régionaux. Vu le positionnement central de l’IFREMER, son retrait même partiel des politiques de soutien technique et scientifique aux actions régionales, va obliger l’ensemble des partenaires concernés à redéfinir leur positionnement.
  • L’impact possible du Brexit en Normandie. Région frontalière, la Normandie peut être fortement impactée par un brexit dur, certains de ses pêcheurs exerçant leurs activités dans les eaux britanniques. L’impact sur les activités de pêche normandes est actuellement indéterminé.

Le 4 septembre 2018, l’étudiante présentait le résultat de ses travaux devant le bureau du SMEL et le personnel du syndicat mixte.

Les capacités du centre technique du SMEL à faire évoluer en fonction des changements structurels attendus

L’étude de Gladys EUDE ne précise pas les scénarios envisageables mais identifie les points structurels et fonctionnels sur lesquels il faudrait agir si l’on souhaite adapter les capacités du centre technique du SMEL aux enjeux précédemment identifiés.

Ces différents points sont exposés sur le graphique ci-dessus. Certaines thématiques sont déjà abordées comme les « ressources financières » ou les « ressources physiques » ou la « mutualisation des moyens ». D’autres comme le « management » ou les « ressources humaines » demanderaient à être travaillés.

Engager une réflexion pour dégager des scénarios

Un maquis d’orientations possibles

Faisant suite à cet état des lieux stratégique, des orientations doivent être définies. Elles sont bordées par deux options extrêmes : le maintien du statuquo donnant une bonne réponse à court terme mais stérilisante à long terme et une augmentation débridée des activités maintenant une adéquation forte entre l’offre de service du syndicat et les besoins des acteurs régionaux mais fragilisant la structure.

L’exercice va donc consister à positionner le « curseur » à bonne distance de ces deux risques.

Une réflexion engagée avec les élus pour identifier une procédure d’arbitrage

 

Pour maintenir cet équilibre et préciser le ou les meilleur(s) scénario(s) possible(s), il est nécessaire d’identifier des valeurs encadrant les actions du SMEL et permettant la mise en place d’un arbitrage clair et accepté par tous. C’est ce travail qui a été engagé avec les élus du syndicat le 4 septembre dernier dans la définition du cadrage de cette réflexion.

  • Mettre en avant la solidarité territoriale. Le SMEL s’inscrit dans l’aménagement du territoire du département de la Manche et de la région Normandie. A ce titre, les actions du centre technique doivent mettre en avant une solidarité territoriale. Ceci serait à prendre en compte dans le cadre de son périmètre de compétence territorial.
  • Maintenir la réactivité. qui est l’un des principaux atouts du SMEL
  • Maintenir la proximité. Un autre atout du SMEL, son personnel est en contact très régulier avec les professionnels de la pêche et de la conchyliculture.
  • Mettre les interventions et les moyens du SMEL en adéquation avec les capacités limitées des collectivités territoriales. Une réflexion sur les modalités de financement des actions du SMEL en découle.

Les ressources humaines et technologiques sont également impactées par cette contrainte financière. Dans la mesure du possible, il sera nécessaire de favoriser les partenariats et des mutualisations avec des entités comme LABEO (déjà largement engagé), CRPMN, CRCNMdN, CREC, INTECHMER, CSLN, …

Le ou les scénario(s) restent à définir, c’est le travail des prochains mois pour les élus et le personnel du SMEL.

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