Variabilité dans la résistance des ormeaux européens face aux pathogènes.

Publié le 1 janvier 2018 | Mer & Littoral, Nos travaux, Ressources documentaires |
L’augmentation de température que subit la planète ces dernières décennies a de nombreuses conséquences, notamment la recrudescence de maladies infectieuses aussi bien chez l’homme que chez les animaux. Certaines populations d’ormeaux européens Haliotis tuberculata, vivant dans les zones les plus chaudes de Bretagne et de Normandie ont ainsi subi de très importantes mortalités depuis 1997, causées par la bactérie Vibrio harveyi. Cependant, certaines des populations les plus touchées se sont aujourd’hui reconstruites et les mortalités semblent s’être arrêtées dans certaines de ces zones. La question se pose donc de l’apparition d’une résistance de l’ormeau face à cette maladie émergente. Pour répondre à cette question, les réponses à l’infection de plusieurs populations naturelles par cette bactérie ont été analysées dans le cadre de la thèse de doctorat de Bruno Dubief. Cette thèse, dirigée par Christine Paillard de l’Université de Bretagne Occidentale, a été réalisée en collaboration étroite avec le SMEL. L’ensemble des expérimentations sur les animaux a en effet été réalisé au centre expérimental du SMEL à Blainville-sur-mer.


Des tests de résistance effectués sur différentes populations d’ormeaux.

Des infections expérimentales d’ormeaux de différentes origines géographiques (Molène, Cherbourg, Saint Malo) ont été réalisées en enceintes confinées. Les ormeaux prélevés dans le secteur de Saint Malo présentent une grande résistance face au pathogène, alors que les ormeaux issus de Molène et de Cherbourg, subissent de fortes mortalités. La voie d’entrée de la bactérie (branchies) a été identifiée comme jouant un rôle dans la résistance à l’infection. Par ailleurs, des infections successives ont permis de démontrer un effet « d’amorçage immunitaire » ; suite à une première exposition, une protection pouvant durer jusqu’à deux mois intervient contre l’effet d’inhibition de la phagocytose, provoquée normalement par une infection à V. harveyi.

Une expression des gènes variable en fonction des populations.

La différence d’expression de gènes des hémocytes d’ormeaux sensibles et résistants a été quantifiée par une technique spécifique de séquençage de l’ARN (RNAseq) pendant une infection expérimentale. Cette comparaison a montré une reconnaissance plus efficace du pathogène chez les résistants. Une forte surexpression chez la population résistante, d’un gène impliqué dans la synthèse de mucine, l’un  des composants principaux du mucus, renforce l’hypothèse d’une forte implication des branchies dans la résistance.

La transmission de la résistance par le mécanisme épigénétique envisagée.

Enfin, une analyse in silico (à l’aide de modèle mathématique) des séquences obtenues en RNAseq, a permis d’apporter des preuves de l’existence d’un système de méthylation de l’ADN chez l’ormeau Haliotis tuberculata ainsi qu’une possible implication de ce système dans l’adaptation de l’ormeau à son milieu. De là à prouver l’existence des mécanismes épigénétiques (modifications réversibles et transmissibles), il  n’y a qu’un pas !!!

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Variabilité dans la résistance des populations d’ormeaux européens face aux pathogènes.
Bruno Dubrief. 2018.

 

 
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