Optimisation de la survie des huîtres.

Publié le 6 décembre 2017 | Cultures marines, Nos travaux |
Action de transfert à l’usage des professionnels.
Les préconisations diffusées par le Centre de Référence sur l’Huître (CRH), concernant la pratique de l’isolement de lots de naissain indemne de virus pour optimiser la survie, ont été mises en application dans le cadre d’un projet professionnel. Ce projet est décliné en mettant en œuvre une zootechnie inhabituelle en Normandie : élevage en eau profonde, initiée en 2015. Les premiers résultats obtenus lors de la première année d’élevage (période à risque pour le naissain) ont été très positifs. Pour finaliser cette étude, l’élevage a été poursuivi de manière à vérifier que les gains de survie obtenus en première année étaient bien acquis. D’autre part, à l’échelle expérimentale, ce suivi a permis de vérifier également que les huîtres ainsi produites correspondaient au « standard » d’élevage du secteur concerné à savoir Grandcamp Maisy.


Rappel de la méthode

L’optimisation de la survie de lots de naissain repose sur les fondamentaux suivants :

  • disposer d’un lot de naissain qualifié afin de garantir qu’il soit le plus indemne possible de virus OsHV-1,
  • avoir accès à un site d’élevage reconnu comme suffisamment isolé des zones impactées pour élever ce lot au cours de la période à risque en première année,
  • mettre en œuvre pour la suite, un parcours zootechnique adapté pour la ré-introduction des huîtres en zones contaminées sur parc, en fonction de la croissance.

Dans le cadre de ce projet professionnel, l’application de cette méthode a permis un gain de survie sur les naissains de 41% (pour en savoir plus…).

Stratégie d’élevage appliquée en seconde année.

A l’issue de la période à risque, les naissains ont été triés et répartis par grandes fractions de taille (petites, moyennes, grosses). Un premier transfert a été opéré de l’eau profonde vers l’estran en septembre 2016 (4 mois d’élevage). Un second transfert a été réalisé en juin 2016 (12 mois d’élevage). Ainsi, quatre lots ont pu être faire l’objet de l’évaluation finale en septembre 2017 : le lot élevé 16 mois sur estran (1), le lot élevé 4 mois en eau profonde puis 12 mois sur estran (2), le lot élevé 12 mois en eau profonde puis 4 mois sur estran (3) et le lot élevé 16 mois en eau profonde (4).

 

A l’issue de ces 16 mois d’élevage, la mortalité finale a été observée et des mesures biométriques ont permis de donner un premier aperçu des caractéristiques des huîtres de ces différents scénarii d’élevage.

Résultats de mortalité cumulée sur 16 mois d’élevage.

Au bout de 16 mois d’élevage, le gain de survie acquis en début de cycle d’élevage subsiste. Une très faible mortalité a été observée sur les 12 derniers mois d’élevage. Ainsi, le gain de survie obtenu en fin de cycle est d’environ 40% quelles que soient les catégories de taille concernées.

Notons que lors du transfert opéré en juin 2017, les huîtres sorties de l’élevage en eau profonde et appartenant à la catégorie de taille « tête de lot » (les plus grosses),  ont souffert de ce transfert réalisé dans des conditions climatiques caniculaires. C’est pourquoi, sur cette classe de taille, le gain de survie final est plus faible (de 23% à 33%). Cela démontre l’importance d’opérer ce genre de transfert lorsque les températures de l’air sont clémentes.

Premières évaluations d’indicateur qualifiant les huîtres.

Les résultats obtenus sur un certain nombre de critères morphologiques, biométriques et qualitatifs ont montré que le passage en eau profonde avant transfert des huîtres sur estran en Baie des Veys (Grandcamp) n’a pas détérioré les qualités intrinsèques des huîtres produites dans ce secteur. Bien entendu, la croissance des têtes de lots étant rapide en eau profonde dans les conditions d’élevage testées, la coquille de ces huîtres s’est avérée plus fragile car plus fine. Cela signifie qu’un durcissement sur estran est nécessaire pour finir l’élevage avant commercialisation.

Bilan prometteur

Cette étude à l’échelle d’un projet professionnel a été l’occasion de mettre en application les préconisations issues des travaux du CRH basé sur l’isolement de lot de naissain de statut zoosanitaire sain. L’utilisation d’une zootechnie adaptée à l’eau profonde a permis un gain de survie important et n’a pas dénaturé la qualité des huîtres du secteur ostréicole concerné.

Cependant, cette étude repose sur une introduction limitée de naissain et il est donc nécessaire de calibrer cette zootechnie à une échelle plus importante. Il est donc proposé, maintenant que les acquis en termes de survie sont démontrés, de se focaliser sur l’optimisation proprement dite de la zootechnie en eau profonde sur ce littoral normand de faible profondeur afin d’en évaluer la viabilité économique.

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Pour en savoir plus, télécharger le rapport technique

Elevage d’huîtres en eau profonde.

Programme TRANSPRO

CRH 2015 – 2017

Jean-Louis Blin.

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