De l’affinage des huîtres à la culture de salicornes.

Publié le 3 août 2017 | Cultures marines, Mer & Littoral, Nos travaux |
Dans la zone conchylicole de la CABANOR à Blainville sur Mer (Manche), une majorité des claires d’affinages ne sont pas utilisées à l’heure actuelle. Et, lorsqu’elles restent à sec, elles sont envahies par des nombreuses plantes halophytes dont la salicorne. Or, cette plante est particulièrement recherchée pour la gastronomie et est déjà péchée sur la côte ouest du Cotentin ou en baie des Veys. Par ailleurs, la culture de ce végétal est maitrisée dans d’autres régions françaises. En conséquence, il semble que convertir les claires ostréicoles en zone de culture de salicornes soit une voie de revalorisation de ces espaces.


La Salicorne, une plante exploitée en France et dans le monde.

Plante qui a besoin de la présence de sel pour sa croissance (ou plante halophile), la salicorne se retrouve le plus souvent sur la zone recouverte par les marées de vives eaux. En Normandie, on la retrouve souvent dans des lieux fermés et plutôt sablo-vaseux comme les havres de la côte Ouest du Cotentin (Manche) ou en baie des Veys (Manche et Calvados), où des pêcheurs professionnels la cueillent pour l’alimentation humaine. Mais, on la retrouve également en Charentes, Bretagne ou encore baie de Somme où la cueillette représente une activité économique importante. Toutefois, cette récolte est accompagnée d’un entretien des terrains visant à pérenniser la salicorne et donc cette activité.

D’autre part, la culture de cette plante est également pratiquée en plusieurs endroits et de différentes manières. En Charentes, la culture se pratique dans les claires et les salines abandonnées alors qu’en Bretagne, elle est cultivée en hors sol, sous serre. D’autres pays pratiquent cette culture comme les Pays-Bas, Israël ou encore dans le golfe du Mexique.

Les claires de la CABANOR, un environnement propice.

La CABANOR est l’une des deux zones conchylicoles située à Blainville / Mer. Outre les bâtiments et des bassins de stockage des coquillages, la particularité de cette zone est la présence de claires ostréicoles. A l’origine, elles étaient prévues pour l’affinage des huîtres, comme il est courant sur Marennes Oléron. Mais, il s’est vite avéré que la présence de la diatomée Haslea ostrearia, responsable du « verdissement » des huîtres, était trop aléatoire sous les lattitudes normandes. Par conséquent, les claires servent aujourd’hui de bassin de stockage ou sont abandonnées.

Mais, les conditions pour y cultiver des salicornes semblent être réunies. Déjà, dans l’une d’entre elles, la plante y est présente même si son développement est anormalement faible, du fait d’un apport déficient en eau de mer. Cependant, en adaptant les claires à cette culture (notamment pour l’alimentation en eau de mer), ce sont au maximum 35 claires de 700 m² qui pourraient être exploitées si les concessionnaires le souhaitent.

Des conditions de culture encore à définir.

Avant de passer à la mise en culture de ces claires, il faut définir plusieurs paramètres :

  • L’aspect réglementaire : pour le moment, la législation ne permet d’utiliser les claires que dans le cadre de l’élevage de l’huître. Les textes devront être modifiés pour y permettre l’exploitation de la salicorne.
  • Les conditions phytotechniques de culture doivent être définies précisément (semence, densité, arrosage, récolte, rendement…) impliquant une phase expérimentale au préalable.
  • Il faut identifier le ou les marchés et estimer la rentabilité d’une telle culture pour une entreprise.

Par conséquent, si la culture semble possible, plusieurs mois voire années de travaux seront nécessaires avant de savoir si elle serait rentable. Mais, peut être verrons-nous un jour cette culture fleurir au milieu des bâtiments d’élevage conchylicole de la zone de la CABANOR.

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Pour en savoir plus, télécharger le rapport technique

La culture de salicornes :

Point général et évaluation du potentiel des claires ostréicoles de la CABANOR.

Marine Fermey-Paris, Sébastien Pien.

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