Vibriose (pathologie) émergente et réchauffement climatique.

Publié le 17 février 2017 | Cultures marines, Nos travaux, Ressources documentaires |
Depuis 1998, des mortalités massives se produisent régulièrement dans les populations d’ormeaux sauvages (Haliotis tuberculata) en France pendant leur période de reproduction conjuguée avec les températures maximales estivales de l’eau de mer et la présence de Vibrio harveyi. Des infections expérimentales ont été effectuées en utilisant des ormeaux non matures et des ormeaux « prêts à pondre » à différentes températures. Cette expérimentation a permis de confirmer l’effet de l’exposition bactérienne, de la température et de l’état reproducteur sur la sensibilité à l’ormeau. L’expérimentation a été réalisée à l’aide des plateaux techniques du SMEL en collaboration étroite avec le LEMAR (Université de Bretagne Occidentale)


Température et stress lié à l’effort de reproduction deux facteurs déterminants

Les expérimentations ont démontré que les ormeaux matures sont plus sensibles à la bactérie que ceux immatures. D’autre part, aucune mortalité n’est observée lorsque la température de l’eau est inférieure à 17°C mais qu’1°C supplémentaire provoque une mortalité de plus de 80% lorsque les animaux sont contaminés.

Les observations des populations naturelles durant l’été 2007 ont confirmé que les mortalités des ormeaux européens étaient apparues simultanément avec le stress lié à la ponte, les températures élevées et la présence de la bactérie pathogène (V. harveyi) dans le milieu.

Moyenne des températures estivale à Flamanville (Manche).

 

Le développement des pathologies : un risque majeur lié au réchauffement climatique

Compte tenu de l’élévation des températures estivales moyennes observées en Bretagne et en Normandie au cours des 25 dernières années, cette vibriose dépendant de la température représente un nouveau cas de maladie émergente pouvant être associée au réchauffement climatique. De nombreuses études sur d’autres espèces d’ormeaux ont démontré un lien entre la température de l’eau et le développement d’une pathologie ; c’est le cas pour l’ormeau Taiwanais (Haliotis diversicolor supertaxa) ou encore pour l’ormeau Californien (Haliotis rufescens).

L’augmentation de 2 à 4°C de la température de l’eau de mer d’ici 2100, estimée par les prévisionnistes, pourrait provoquer un effondrement de certaines espèces au profit d’autres plus résistantes conduisant à un bouleversement des équilibres écologiques. De grandes incertitudes demeurent, même si les bouleversements sont déjà bien réels (lien : http://planet-vie.ens.fr/ecosystemes-marins-climat)

Pour contacter le correspondant SMEL de cette étude

Partenariat technique.

Partenariat financier.


Pour télécharger la publication scientifique
PG Publi ormeau

Influence of temperature and spawning effort on Haliotis tuberculata caused by Vibrio harveyi : an example of emerginig vibriosis to global warning.

Marie Agnès Travers1,2, Olivier Basuyaux3, Nelly Le Goïc2, Sylvain Huchette1, Jean-Louis Nicolas4, Marcel Koken2 and Christine Paillard2. 1998.

1. France Haliotis
2. Laboratoire des sciences de l’environnement marin (LEMAR)
3. SMEL
4. Laboratoire de Physiologie des Invertébrés, IFREMER.
Télécharger le rapport au format PDF

Partagez cet article :

Les commentaire sont fermés.