Mieux connaître la pêche à pied à la palourde dans l’ouest du Cotentin (projet de recherche 3POC).

Publié le 4 novembre 2016 | Nos travaux, Pêche |
La pêche à pied de palourdes de loisir et professionnelle (palourde européenne et japonaise) représente un enjeu majeur pour la façade ouest du Cotentin. Une étude conduite par le SMEL en collaboration avec le GEMEL-Normandie, le laboratoire M2C de l’Université de Caen Normandie et le CNRS et le Comité Régional des Pêches de Basse Normandie (CRPBN), permet de mieux connaître la ressource, de mettre en place des indicateurs d’évolution des stocks et d’améliorer les connaissances du métier de pêcheur à pied professionnel.


Les populations de palourdes de Bréhal à Geffosses en relation avec l’habitat

Cartographie des populations de palourdesUne cartographie de la densité de palourdes sur l’estran de Saint Martin de Bréhal au havre de Geffosses a été réalisée et couplée à une analyse granulométrique des sédiments. Elle montre la présence des palourdes sur 5 à 6 secteurs bien distincts. Dans chaque secteur, la répartition est hétérogène et les densités relativement  faibles (surdispersion) ne dépassant que très rarement 8 palourdes/m², souvent associées à une granulométrie assez fine (sable vaseux graveleux). Toutefois, les palourdes ne sont pas statiques, le déplacement de palourdes par « transit sédimentaire » a été démontré en particulier pour les individus inférieurs à 35mm.

Trois ans et demi pour obtenir une palourde de 40 mm.

Un suivi des populations a été réalisé durant plus d’une année sur le site de Gouville-sur-mer. Ce suivi permet de montrer une période de ponte qui peut s’étaler sur 3 mois entre le mois de mai et le mois d’août. Les palourdes sont les plus remplies en juin mais plutôt laiteuses (taux de remplissage de 18%) et sont plus maigres durant l’hiver (février) où le taux de remplissage n’est que de 10%.

L’analyse des cohortes (groupe de même âge) permet de réaliser un modèle de croissance des palourdes sur ce site montrant ainsi une croissance printanière et estivale assez forte puis un arrêt hivernal. Il faudra 3 ans et demi pour atteindre la taille commerciale de 40mm. Ce modèle a été confirmé par le marquage de 150 jeunes palourdes d’un an. Le taux de mortalité est difficile à établir mais 3 facteurs non négligeables semblent s’ajouter à la mortalité naturelle : la pêche, la prédation par les perceurs et la pathologie (anneau brun).

Des indicateurs d’évolution des stocks à mettre en œuvre

Les densités faibles et hétérogènes n’autorisent pas une estimation simple des stocks. L’unité d’échantillonnage d’1m² en triplicat serait sans doute la démarche la plus judicieuse. Toutefois, l’implication des pêcheurs plaisanciers et professionnels à l’évaluation des stocks peut être une bonne alternative car elle permet d’obtenir simplement des rendements de pêche simultanément sur l’ensemble des secteurs. Deux à trois campagnes organisées chaque année permettraient de fournir des données réelles sur les potentialités du stock de palourdes secteur par secteur. Toutefois, cette donnée seule ne permet pas de fournir des explications sur le stock, et n’apporte pas de tendances à court terme. Ainsi, elle pourrait être couplée à une évaluation scientifique réalisée par un échantillonnage important tous les trois ans sur chaque secteur. Une donnée à long terme (tous les 12 ans) pourrait être apportée par la réalisation d’une cartographie globale et exhaustive de la zone.

Une approche socio-économique de l’activité professionnelle

L’activité professionnelle est régie par un système de permis national de pêche à pied et de licence régionale « palourde ». Il permet de pêcher 20 kg de palourdes par jour avec obligation d’étiquetage des sacs (délibération d’exploitation AP 42/2008). En Basse Normandie, 105 licences maximum (AP 49/2016) étaient délivrées représentant généralement une activité secondaire mais les demandes sont en baisses et seulement 83 licences ont été attribuées en 2016 pour les palourdes. Le nombre de pêcheurs exerçant réellement l’activité est beaucoup plus faible ; une vingtaine en été et une dizaine en hiver ces dernières années. Chaque professionnel a l’obligation de fournir les quantités qu’il a pêchées permettant un suivi à long terme. Ainsi, 17,7 tonnes ont été capturées en 2015 par un total de 29 pêcheurs, le secteur Blainville/Gouville représente environ 50% des captures. Un questionnaire auprès des pêcheurs professionnels permet de confirmer la tendance à la baisse des stocks de palourdes et la baisse du nombre de pêcheurs.

Pour contacter le correspondant SMEL de cette étude
Pour télécharger la brochure de présentation des travaux

pg-brochure 3POCMieux connaître la pêche à pied à la palourde dans l’ouest du Cotentin
Publication SMEL, GEMEL, CRPBN, IUEM, CNRS.

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