Les déchets de la pêche et de la conchyliculture sont des trésors à valoriser….

Publié le 15 juillet 2016 | Cultures marines, Mer & Littoral, Nos travaux, Pêche |
Comme toute activité économique, la pêche et la conchyliculture génèrent des déchets plastiques importants. Le polyéthylène, polypropylène ou polyamide sont des polymères (matière de base d’un plastique) utilisés dans la fabrication des casiers, filets de pêche,  cordages, poches à huîtres, filets à moules….et dans bien d’autres produits, la liste est infinie. Une fois usagés, ces produits deviennent des déchets que l’on peut retrouver sur les plages et qui peuvent mettre plusieurs siècles pour se dégrader. Collectés et déposés en déchetteries, ils peuvent aussi terminer leur vie dans des sites d’enfouissement. Dans le meilleur des cas ils sont recyclés et c’est la voie à suivre si l’on veut réduire l’empreinte carbone. A titre d’exemple, le recyclage des poches à huîtres qui s’est généralisé à l’ensemble des sites de production conchylicole d’Arcachon à Asnelles.

Autres déchets, les sous-produits de la pêche ou de la conchyliculture (huîtres mortes, coquillages décortiqués…) sont des bioressources non-alimentaires exploitables. Des applications concrètes de valorisation de ces déchets (cf. journal de bord NFM n°18) ont vu le jour et demandent à se généraliser sur le territoire.

Fédérer tous les acteurs pour développer de nouvelles  filières de valorisation

C’est peut-être sur ce point que réside la difficulté : fédérer tous les acteurs (organisations professionnelles, entreprises, collectivités territoriales, services de l’Etat…) pour réussir à structurer et développer des filières de valorisation de ces déchets à l’ensemble du territoire national. Dans le secteur de la conchyliculture, le Comité Régional de la Conchyliculture s’investit depuis plusieurs années pour développer des filières de valorisation des déchets de la conchyliculture. Dans le secteur de la pêche, on commence seulement à s’y intéresser.

Le projet PECHPROPRE de la Coopération Maritime s’inscrit dans cette démarche avec l’ambition de faire un état des lieux national des déchets plastiques utilisés dans le secteur de la pêche et d’évaluer la faisabilité technique et économique de la mise en place d’un dispositif national de gestion des plastiques usagés de la pêche (PUP).

Un contexte réglementaire opportun

Avec l’interdiction des sacs plastiques à usage unique à partir du 1er juillet 2016 et celle de la vaisselle jetable non compostable à partir de 2020, le marché des bioplastiques est appelé à se développer même s’il est encore aujourd’hui embryonnaire (99% des plastiques sont encore d’origine pétrochimique !).

C’est quoi un bioplastique ?

Les bioplastiques désignent à la fois des plastiques biosourcés et des plastiques biodégradables. Les plastiques biosourcés sont issus de ressources renouvelables : végétale, animale, algale…et les plastiques biodégradables signifient qu’ils se dégradent grâce à des organismes vivants : bactéries, champignons, algues.

Le projet SEAPLAST : des bioplastiques pour la pêche et la conchyliculture

Le projet SEAPLAST a pour objectif de structurer des filières de valorisation des déchets plastiques et sous-produits marins en Normandie pour des applications dans la filière pêche, conchylicole et dans la plasturgie.

La première étape du projet consiste à faire l’inventaire des gisements de déchets plastiques et coquillers potentiellement mobilisables et valorisables en Normandie. Au niveau national, le projet PECHPROPRE va s’y employer sur les déchets plastiques utilisés dans le secteur de la pêche. Les partenaires des deux projets se sont récemment rencontrés pour définir de futures collaborations sur la partie inventaire.

La seconde étape est une étape de recherche et développement pour développer des bioplastiques pour la pêche et la conchyliculture. Les polymères ciblés seront issus de matières recyclées (polyéthylène, polypropylène) ou de ressources biodégradables (PLA : acide polylactique ou PHA : polyhydroxyalkanoate) et/ou biosourcées (poudre de coquillages, poudre d’algues…),  le but étant de proposer le meilleur compromis environnemental et technique. Les mélanges obtenus seront ensuite éprouvés grâce à une série de tests (traction, flexion, résistance aux chocs) pour les caractériser et voir leurs applications potentielles dans le secteur de la pêche, de la conchyliculture ou dans d’autres secteurs industriels (emballage, transport, bâtiment…).

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