Rôle du régime alimentaire sur la survie des naissains d’huîtres

Publié le 23 novembre 2015 | Cultures marines, Nos travaux |
Depuis 2008 de nombreux projets se sont intéressés à l’optimisation de la survie du naissain d’huître creuse face au virus OsHV-1. Parmi les nombreux facteurs qui modulent cette survie, la quantité de nourriture semble avoir son importance.

Un ensemble complexe de facteurs qui modulent la survie

Dans le cadre des différents programmes développés par le Centre de Référence sur l’Huître, il n’a pas toujours été facile de découpler l’influence des nombreux facteurs modulant la survie des naissains face au virus. Si très tôt les critères de taille, poids unitaire et âge sont apparus comme prépondérants au cours d’un cycle d’élevage, le fait qu’ils soient très intimement liés rend difficile l’interprétation de certains résultats obtenus dans le milieu naturel. Cependant, l’utilisation de systèmes d’élevage en milieu contrôlé dans le cadre des programmes d’isolement de lot, nous a permis d’étudier de plus finement certains facteurs dont l’alimentation.

Être en bonne santé physiologique rend plus fort

Dans le cadre des programmes VIASPE en 2014 et CONDOR en 2015, le SMEL a travaillé sur l’importance des apports en nourriture sur la survie des naissains en période à risque. Après plusieurs semaines de conditionnement à des régimes alimentaires quantitativement différents, puis lorsqu’on les confrontait à la contamination virale sur estran, les naissains d’huîtres présentant les meilleurs indices de condition, subissaient moins de perte (graphique 1 ci-dessous).

Rester vigilants …

Bien entendu les résultats obtenus sont très clairs en milieu contrôlé et beaucoup plus difficiles à discerner dans le milieu naturel sur site d’élevage. Néanmoins, cette hypothèse reste solide. Un différentiel de mortalités est observé chaque année entre la Côte Ouest Cotentin (niveau trophique moins important) et la Côte Est Cotentin (niveau trophique plus riche). L’amélioration sensible de la survie ces toutes dernières années est aussi associée à des apports alimentaires meilleurs au printemps (graphique 2 ci-dessus) même si d’autres hypothèses peuvent être émises pour l’expliquer. Ainsi, les variations interannuelles des niveaux trophiques des milieux côtiers existent bel et bien comme le montrent les suivis du milieu réalisés par le SMEL depuis les années 2000 ou comme le montrent les résultats de productivité des élevages. Ces variations liées notamment aux conditions climatiques ne doivent être oubliées. Sachant qu’à quantité de nourriture égale, plus il y a de mangeurs à table, plus les rations individuelles sont petites, toutes pratiques visant à des surcharge irraisonnées des sites d’élevages risquent d’avoir un impact sur la survie notamment lors des années à apports trophiques limités.

C’est pourquoi, en plus de tous les autres facteurs modulant la survie des naissains d’huîtres, au premier rang desquels l’état sanitaire reste primordial, il est important de rappeler qu’il faut rester vigilant et ne pas négliger ce facteur trophique (alimentation disponible) que nous ne pouvons contrôler en milieu ouvert mais qu’il convient de ne pas dégrader.


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